dimanche 15 octobre 2017

After Sun, C, 62

degrés

de ce qui n'était pas

dit

parler du jour pour la nuit

'oculaire comme la paume'

('mailles')

sont re-marqués ici


dimanche 8 octobre 2017

Vers un autre

"Ces faits et bien d'autres persuadent combien il est dérisoire de vouloir contester notre société sans jamais penser les limites mêmes de la langue par laquelle (rapport instrumental) nous prétendons la contester: c'est vouloir détruire le loup en se logeant confortablement dans sa gueule. Ces exercices d'une grammaire aberrante auraient au moins l'avantage de porter le soupçon sur l'idéologie même de notre parole."

(Roland Barthes, L'Empire des signes, 1970, rééd, Seuil, "points", 2007 - 17-20)

samedi 7 octobre 2017

Ekphrasis

Introduisant son sujet d'invention (un incipit exploitant les techniques d'écriture réaliste étudiées en classe), une élève a écrit ceci, à côté du tableau de Goya qu'elle a choisi et dont elle a collé la reproduction sur sa copie  : "Le colosse n'étant pas réaliste, je prends en compte l'autre partie". Cette phrase est tracée sur la copie à gauche du tableau, au-dessus d'une ligne rouge horizontale qui vient couper l'image en deux, exactement à la hauteur des fesses du colosse. Sous cette ligne de partage, à droite cette fois, on peut lire ces mots : "Il faut prendre en compte la dévastation."

dimanche 1 octobre 2017

Hors-moment du livre, 2

"La vie dispose de toutes les couleurs qu'elle avive ; la mort, d'une seule qu'elle impose.

L'écrivain et le peintre se séparent, au premier rayon du soleil.

Une seule couleur pour le vocable, celle de la mort. Une seule mort pour le vocable, celle de la couleur. La couleur de la mort est éternelle : cendres noires et cendres blanches que l'eau mélange."

(Edmond Jabès, Le Livre des Ressemblances, p. 56)

"Ce n'est point l'encre qui donne, au vocable, ses couleurs ; mais les horizons qui le fascinent."

(Idem, p. 115)

Avant-premier moment de l'avant-livre

"- Nos jours et nos nuits sont jours et nuits du verbe où les livres s'interpellent, se côtoient un moment et se perdent ensemble." (Edmond Jabès, Le Livre des Ressemblances, Gallimard, L'imaginaire, p. 70)

"— Mes vocables ne peuvent être les tiens. Je suis, dans mes livres, seul à les habiter.
  Est-ce parce que ma maison est l'exacte réplique de la tienne, qu'elle est à toi ?
  Si, par ailleurs, mes vocables étaient ceux de tout le monde, quels droits aurais-je sur mes ouvrages ? Et aurais-je pu, sans mourir de honte, les signer ? - dit, après une soirée de discussion, reb Avigdor, à reb Malka.

— Tu es, dans tes écrits, comme moi, un rassembleur de mots, identiques par le sens, le son et le nombre de lettres, à ceux de la langue. Tu crois les habiter, alors que tu n'es que l'hôte accidentel de leurs reflets. " (Idem, p. 93).

jeudi 28 septembre 2017

Le nouvel esprit

"Je m'effondre en vous et, apparemment, je suis pourtant un fragment esseulé, qui reste une énigme pour lui-même. Mais il nous faut apprendre à habiter les autres, peu importe si les images froides et morcelées qu'ils projettent de nous sont avortées, ou bien inamicales ; ce sont bien elles qui nous créent." (p. 18)


lundi 25 septembre 2017

Un degré

addendum, différé, pour J., pour C.



sous la forme ployer
par la tangente rayon
célère nystagmus au
tressautement de nous
prendrions la brillance
cinétique addition des
affects leur coupure
intrinsèque vibrerait
la suture flottante

alors adverbe pause
c’est l’ouvert présent
hâtif on enclenche la
prime la vraie nueté

entre lacunaire dû